Conseils d'écriture

Atelier d’écriture de Bernard Werber

« Le cerveau ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. »
(- Encyclopédie du savoir relatif et absolu)

Bernard Werber, écrivain français né en 1961, est surtout connu pour La Trilogie des Fourmis. Son oeuvre allie spiritualité, science-fiction, polar, biologie, mythologie et bien d’autres thèmes encore. Bernard Werber qualifie d’ailleurs son style de « philosophie-fiction« .

J’avoue que je n’ai encore jamais lu de romans signés Bernard Werber (ils sont dans ma PAL, promis) mais l’on m’a conseillé de visualiser un atelier d’écriture dans lequel il expose sa méthodologie. Vous pouvez d’ailleurs retrouver sa vidéo ici.

J’ai pris « quelques » notes dont je vous en propose un petit résumé.

La méthode de Bernard Werber pour écrire un roman et aller au bout !

1. L’envie d’écrire

Il existe un facteur principal qui nous fait perdre l’envie d’écrire : la PEUR. La peur d’être jugé par les autres, de faire un mauvais livre, de ne pas être publié ou encore de ne pas aller au bout.

Il faut donc avant tout surmonter ses peurs en regardant comment elles sont construites.

Lorsqu’on commence à écrire, il arrive souvent qu’on se dise que ce n’est pas bon. Pour Bernard Werber, c’est un peu comme un professeur de français qui se réactive dans notre tête et se met à nous juger. Mais ce professeur peut freiner au fur et à mesure que la créativité se développe.

L’écriture doit être un plaisir, une manière de faire ressortir quelque chose qui est en soi. C’est au moyen de l’écriture qu’on peut aller chercher cette petite étincelle intérieure, opposée au « moi social ».

Ce « moi social » consiste à vivre sa vie en faisant plaisir aux autres, sans s’exprimer. Or, écrire un livre est un moyen d’exprimer vraiment ce qu’on est à la face du monde.

En d’autres termes, au lieu de penser à ses peurs, il faut se dire : « Pourvu que je sois suffisamment honnête avec moi-même pour faire ressortir cette chose (au fond de moi) ».

Bernard Werber qualifie d’ailleurs un manuscrit comme un être vivant auquel on a des comptes à rendre. Il est donc important de se fixer un rendez-vous avec son roman comme si c’était une personne et ce, de manière régulière afin d’avancer, quelle que soit notre peur.

Evidemment, le premier jet va donner un livre qui ne sera pas du tout agréable à lire, ni même publiable. Mais ce premier jet sera authentique.

Un bon livre est un livre différent de ce qui existe déjà et le meilleur moyen de trouver l’originalité de ce livre, c’est en se recentrant sur la personne qu’on est vraiment.

2. L’histoire

Un bon écrivain est un bon observateur de son époque, c’est-à-dire de son lieu de vie et de son temps.

Il doit sortir, voyager, rencontrer des gens, se faire raconter des histoires et surtout s’intéresser aux autres. Pour ce faire, l’écrivain doit se poser la question suivante : Qui est la personne que j’ai en face de moi ?

  • Quel est son passé ?
  • Qu’est-ce qui l’a fait souffrir ?
  • Quel est son talent ?
  • Quelle est sa faiblesse ?
  • Vers quoi devrait-elle évoluer ?

Ce sont ces questions qui vont nous permettre d’aimer cette personne.

Bernard Werber considère aussi qu’un auteur peut parler de lui-même mais de manière détournée. Il peut aussi parler des autres mais pas directement.

Pour créer un personnage, on pourrait créer un mélange avec, par exemple, quelque chose pris chez une personne et quelque chose pris chez une autre.

3. La structure

La structure d’un roman est comme un squelette. C’est à travers la structure que le romancier peut le mieux exprimer son originalité.

Cette originalité va s’exprimer en organisant la matière première à travers le squelette. Cette matière première, on va la puiser dans :

  • une idée
  • un personnage
  • une projection de son expression personnelle
  • un rêve

Quant au squelette, il se compose des parties suivantes :

  • une tête = le démarrage
  • un torse = l’intrigue
  • des pieds = la chute

Pour organiser une histoire, Bernard Werber présente la montée dramatique, une manière facultative d’ordonner les idées.

Cette montée dramatique suit le schéma suivant :

  • Un héros va connaître des aventures en luttant contre une adversité. Plus cette adversité est forte, plus le héros est méritant – le héros a une pression intérieure qu’il n’arrive pas à sortir
  • Pour empêcher le héros de s’exprimer, on va inclure un méchant (quelqu’un ou quelque chose)
  • L’histoire d’un roman consiste en une initiation qui va permettre au héros de surmonter ses peurs pour arriver à devenir ce qu’il est réellement
  • Cette initiation se fait par étape, à travers des épreuves. Chaque épreuve permet au héros de découvrir une nouvelle facette de lui-même qu’il ignorait
  • Afin de tenir le lecteur en haleine, on ajoute des difficultés au héros qui doit alors suivre une quête
  • C’est cette tension qui va mener au point de climax, l’épreuve la plus difficile
  • Le héros, c’est quelqu’un :
    • qui se bat
    • qui subit une injustice
    • qui va se venger
    • qui subit des épreuves
    • qui, au final, va avoir un très gros problème qu’on ne le pensera pas capable de résoudre
    • qui va s’en tirer grâce à la chute

La structure de la montée dramatique peut être adaptée selon nos besoin. On peut s’amuser avec cette structure en arrêtant, par exemple, l’histoire juste avant ou juste après le climax.

A l’intérieur du squelette se trouvent les organes, c’est-à-dire les belles scènes où le lecteur va se dire : « je l’avais pas vu venir ». Ces scènes sont des coups de théâtre, des révélations extraordinaires qui sont différentes de l’intrigue.

Le muscle consiste en la mise en scène de base du livre, ainsi que les enchaînements entre les scènes descriptibles et les dialogues.

S’ensuivent ensuite les chapitres, c’est-à-dire la découpe du roman. Bernard Werber donne le conseil suivant : chaque chapitre doit être une nouvelle, avec une situation qui démarre, un développement et une fin surprenante qui appelle au chapitre suivant.

4. Le suspense

Le suspense consiste à gérer une tension en donnant de petites infos et en évitant ce que Bernard Werber appelle la « ligne du foutage de gueule », comme l’intuition du héros. Il faut expliquer pourquoi le héros a fait ce choix.

5. Les personnages

Un personnage intéressant est un personnage qui transporte un paradoxe : il se présente d’une certaine manière mais est, en réalité, le contraire de ce qu’il présente.

Ce paradoxe va permettre de développer l’arc du personnage, c’est-à-dire sa transformation au cours de l’histoire. L’histoire doit révéler qui sont réellement les gens.

Un conseil : repérer autour de soi des personnes dont on a compris le paradoxe.

Un autre point important : plus le personnage est différent des gens normaux, plus il va être attachant. C’est ce qu’on appelle la caractérisation. Il faut donc lui inventer des problèmes, le faire souffrir.

Chaque personnage a aussi sa propre manière de parler. Il faut inventer, pour chacun, un langage. Dans le cas contraire, cela donnera l’impression que tous les personnages pensent pareil.

Pour vérifier si la caractérisation fonctionne bien, il suffit d’enlever aux dialogues les « dit-il » et « répondit Y ». Si le lecteur comprend qui parle, c’est réussi.

6. La chute

La chute représente la révélation et le choc.

Il est important de penser à sa chute avant de commencer l’écriture du roman.

Bernard Werber conseille également de rédiger un premier roman avec une mauvaise chute, à partir de laquelle on réécrit une chute réussie. On réécrit alors le roman dans le sens inverse.

Un autre conseil de Bernard Werber : « N’ayez pas peur de recommencer à zéro un roman, sans utiliser la commande copier/coller, de mémoire et en décantant pour aller à l’essentiel. »

Enfin, la chute doit être :

  • originale
  • surprenante
  • un moment de jouissance pure du lecteur
7. La vie du livre

Il est indispensable d’aller au bout de son roman et ce, même si l’on sent que l’histoire n’est pas bonne. Il suffira de l’améliorer en la réécrivant.

Il est aussi utile de faire appel à un lecteur de référence (ou bêta-lecteur), c’est-à-dire quelqu’un qui donnera des réponse techniques qui ne seront pas j’aime ou j’aime pas.

Ne cherchez pas l’approbation et soyez prêt à entendre des critiques.

Lorsqu’on envoie son roman, il faut l’envoyer à tous les éditeurs sous format papier. Evidemment, on va s’adresser aux éditeurs spécialisés dans les livres dans le même genre que le nôtre.

Un roman se décide sur les sept premières pages. Il faut donc soigner l’action et le démarrage. Il est aussi probable que les lecteurs ne dépassent pas la page 20. Cela signifie qu’il est préférable de ne pas parler de la problématique pour la première fois à la page 120.

Pour donner envie de tourner les pages, on peut aussi utiliser un incipit (art qui consiste à faire de belles premières phrases) en commençant par une première phrase énergétique.

La boîte à outils de l’écrivain

Voici quelques outils qui peuvent être repris dans la boîte à outils de l’écrivain :

  • Un journal de ses rêves
  • Un journal personnel
  • Un chutier, reprenant toutes les idées de coup de théâtre, quelque soit le roman

C’est ici que s’achève ce long résumé de l’atelier de lecture de Bernard Werber.

A bientôt !

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