Chroniques littéraires

La Loi de Gaia (C. Giraud)

« La guerre ne nous oblige pas à faire de l’ennemi un monstre »

La chronique du jour s’intéresse à La Loi de Gaia une dystopie autoéditée de Caroline Giraud. C’est l’autrice elle-même qui m’a suggéré son roman après avoir vu que j’aimais les dystopies et je ne regrette pas l’avoir lu.

Caroline Giraud est professeure de philosophie et autrice française. Pour en savoir plus sur l’autrice, n’hésitez pas à visiter son site internet, c’est juste ici. En attendant, laissez-moi vous parler de La Loi de Gaia.

Résumé

Loi de Gaia, article 1
Les survivants du pays détruit par l’explosion nucléaire sont déchus de leur humanité et doivent porter un tatouage permettant de les identifier. Chaque tatouage représentera un animal symbolisant le crime commis. Un loup pour le meurtre, un lion pour le viol, un renard pour la torture et un tigre pour le rapt d’enfants.
Article 2
Les tatoués seront distribués aux familles et amis des victimes pour leur permettre de se venger de leurs crimes. Un maître a tous les droits sur son tatoué, excepté celui de le tuer. Il peut le battre, l’exploiter, le revendre, l’enfermer, etc.
Article 3
Toute atteinte d’un tatoué sur un civil sera punie par un emprisonnement à vie dans un camp de torture.

Paris croule sous les bombes et les fusillades depuis que Kagan Közul est revenu se venger de ceux qui l’ont injustement envoyé en prison cinq ans auparavant. Des trois coupables, il n’en reste plus que deux : Sarah et Milian se haïssent, mais à présent ils doivent survivre, ensemble.

Mon avis

En lisant le résumé, j’avais un peu peur de lire une romance, ce dont je ne suis pas fan. Pourtant, l’autrice m’avait vendu son roman comme une dystopie et je n’ai pas été déçue.

La société telle que présentée dans cette histoire est révoltante, choquante, ahurissante. Mais très bien trouvée. L’idée des tatoués et des monstres (on y reviendra) est très bien exploitée par l’autrice.

Une histoire centrée sur deux personnages

L’histoire est centrée sur Sarah, une française de bonne famille, et Kagan, un tatoué. Ce dernier est l’esclave de la famille de Sarah. Condamné pour viol, Kagan porte le tatouage d’un lion sur sa poitrine, signe de reconnaissance de son crime.

On découvre comment les deux protagonistes se rencontrent et comment ils évoluent au fil de l’histoire. Alors que Sarah nous raconte sa vie actuelle, entre sa fille et son travail, Kagan nous narre sa vie en tant qu’esclave de la famille Pérot, sa rencontre avec Sarah, son entourage mais surtout le sort des tatoués.

Une narration à deux temporalités

J’ai été assez déroutée par la focalisation choisie par l’autrice. Le roman est écrit à la première personne du singulier suivant deux temporalités : Sarah nous raconte son histoire au présent, tandis que Kagan nous raconte son histoire au passé.

J’ai beaucoup aimé ce choix de narration de l’autrice. J’avais vraiment l’impression d’être dans leur tête, de lire leurs pensées, de voir à travers leurs yeux. Je ne suis pas sûre que ce roman aurait eu le même effet si l’autrice avait choisi une autre narration.

La Loi de Gaia, une loi aberrante et terriante

L’origine de la Loi de Gaia, telle qu’elle a été rédigée, nous est expliquée dès les premiers chapitres de l’histoire. Un pays détruit par un autre qui, afin de sauver les apparences, décide de ne pas exécuter les survivants.

Au lieu de ça, les survivants sont appelés les monstres et pour rendre les choses encore plus réelles, on leur attribue des crimes qu’ils n’ont, pour la plupart, pas commis. On établit une Loi, la Loi de Gaia, qui régit la nouvelle vie de ces survivants, ces monstres.

Les tatoués peuvent être torturés, battus, exploités et ce, peu en importe la raison. Ils ne peuvent attaquer de civils. Bref, ce sont des esclaves.

Tout au long de l’histoire de Kagan, j’ai découvert, révoltée, la manière dont il est traité. J’ai été choquée par l’injustice dont la plupart des gens font preuve face au tatoués.

Un récit qu’on a pas envie de lâcher

J’ai été, dès le début, prise par l’histoire de Sarah – dès les premiers mots, je voulais savoir à qui elle s’adressait et pourquoi toute cette haine – et par l’histoire de Kagan qui m’a bouleversée.

Ce roman fait beaucoup réfléchir à la manière dont nous nous traitons les uns les autres, ainsi que tous ces préjugés qui régissent notre société d’aujourd’hui.

Dans La Loi de Gaia, le simple fait d’être tatoué vous colle une image de criminel à vie et tout le monde vous traite différemment à cause de ce tatouage. A leurs yeux, vous êtes juste un monstre et personne ne cherche à comprendre votre histoire.

Conclusion

Je vous conseille cette romance dystopique qui vous emmènera dans le passé et le présent. Un roman qui ne manque pas d’action et dont la narration vous fera découvrir les points de vue des deux personnages principaux.

Pour l’acheter

La Loi de Gaia est disponible sur Amazon en versions Kindle et Broché, mais aussi sur tous les autres sites, dont la Fnac, et en librairie.

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