Conseils d'écriture

Les tropes ?

OK. Aujourd’hui, on va parler tropes. Pourquoi ?

Parce que j’en ai envie, pardi !

Non, sérieusement, je vois souvent ce mot mentionné sur les réseaux sociaux et j’ai beau avoir une idée sur le sujet, ça reste assez vague. Alors, je me suis dit : et si je faisais un article sur les tropes ?

Bon ok, le début va être super théorique mais rien que pour le fun, à la fin de l’article, on va voir la recette idéale pour écrire une histoire sans tropes (si, si, j’vous jure !).


Un trope, keskecé ?

Un trope est, selon le site TV Tropes, « un dispositif ou une convention de narration, un raccourci pour décrire des situations que le conteur peut raisonnablement supposer que le public reconnaîtra. Les tropes sont les moyens par lesquels une histoire est racontée, par quiconque a une histoire à raconter.' »

En d’autres termes, un trope est un outil utilisé par les auteurs dans le but de transmettre des choses à leur audience, sans les énoncer directement. Toujours selon le site TV Tropes (qui a, vous l’avez sans doute compris, constitué la base de cet article), il est pratiquement impossible de construire une histoire sans y inclure de tropes.

Bon allez, je résume pour ceux qu’ont toujours pas compris : en fait, un trope, c’est un procédé narratif qui englobe un type de personnage, des scène, d’univers, ou de plan, que l’on peut facilement identifier car déjà utilisé dans d’autres histoires.

Ce procédé peut s’appliquer aux films, séries, romans, pièces de théâtres, jeux vidéos, etc.


Ouais mais… c’est bien ou c’est pas bien ?

Un trope n’est pas mauvais

La première chose à savoir, c’est qu’inclure un trope à votre histoire ne va pas forcément la « ruiner ».

Chaque histoire a été influencée par ce qui existait déjà avant. Mais ce n’est pas parce que quelque chose a déjà été exploité auparavant que cela en fait un cliché. Il y a d’ailleurs une différence entre trope et cliché storm (je vous en parle plus bas).

Une fiction ne doit pas nécessairement être réaliste. Beaucoup de fictions cherchent à montrer, non pas ce qui est, mais ce qui pourrait ou devrait être. Un trope, aussi irréaliste soit-il, peut être un raccourci pratique lorsqu’il est exploité correctement.

Les tropes qui sont mauvais lorsqu’ils sont imités dans la vraie vie, ne le sont pas automatiquement dans la fiction. De nombreux tropes contiennent ou impliquent des jugements de valeur culturels, sociaux ou moraux qui ne fonctionnent tout simplement pas de la même manière dans la fiction que dans la vie réelle.

Par exemple, un personnage peut être raciste dans la vraie vie et basé sur des stéréotypes très méchants; tandis que dans une œuvre, il est juste raciste. L’idée étant de ne pas montrer absolument à quel point c’est horrible, en utilisant des exemples, entre autre.

En revanche, on se retrouve dans une situation extrême lorsque quelqu’un veut faire disparaître un trope parce qu’il pense que cela décrit quelque chose de mal ou de mauvais.

[Source : Sponchia – Pixabay]

Un trope n’est pas bon

Tous les tropes peuvent être mal écrits et cela inclut les tropes que tout le monde considère comme bons. Prenons un trope comme le Magnificient Bastard (c’est le vilain ultra charismatique, intelligent, manipulateur, etc.). S’il est mal écrit, il pourrait donner l’impression que tous les autres personnages de l’histoire sont idiots, par exemple.

Trop de tropes, tue le trope. Utiliser trop souvent le même trope dans une histoire pourrait embrouiller le public ou même rendre l’histoire superficielle.

Juste parce qu’un trope est réaliste ne veut pas dire qu’il est bon. Ce qui importe le plus, lorsqu’on écrit une histoire, c’est qu’elle soit crédible, pas réaliste. Le pouvoir d’une histoire vient plus souvent de la reconnaissance des émotions que de la présentation des événements.

Subvertir des tropes n’est pas nécessairement bon. Subvertir revient à faire croire qu’un trope va arriver alors qu’en fait, non. La subversion peut simplement faire perdre du temps et détourner l’attention de l’histoire globale.

Déconstruire des tropes n’est pas non plus nécessairement bon. Déconstruire un trope consiste à l’examiner en détail, généralement pour montrer les conséquences de ce trope sur la vie réelle. Une déconstruction mal exécutée peut tendre à assombrir un trope sans, pour autant, fournir la vision que la déconstruction était censée fournir.

Une bonne œuvre n’a pas besoin de « bons » tropes. Les gens ont tendance à chercher la recette idéale pour que leur œuvre soit un succès. Mais une histoire bien écrite ne sera pas pire parce qu’on y aura pas ajouté le trope du Magnificient Bastard ou parce que les cinq personnages principaux ne forment pas le Five-Man Band (le fameux Club des Cinq).


Et le Cliché Storm, dans tout ça ?

Ah ben, ça tombe bien que vous posiez la question !

Imaginez : vous êtes en train de regarder un film quand tout à coup, vous vous rendez compte que vous avez déjà entendu chaque ligne du scénario ailleurs. Chaque trope de ce film est présenté tel quel, comme si les situations du film ont été extraites d’une autre histoire.

C’est ce qu’on appelle le Cliché Storm.

[Source : Josep Castells – Pixabay]

Mais c’est pas une mauvaise chose. Pourquoi ? Parce que beaucoup de Clichés Storms sont de bonne qualité et de bonnes histoires, de bons personnages, l’humour, l’action ou autre, peuvent produire une œuvre de qualité, indépendamment de leur originalité.

Tout simplement parce qu’originalité et qualité ne sont pas nécessairement liées.

Certains, parfois, créent intentionnellement un énorme Cliché Storm et s’amusent avec tous ces clichés. Quoi ? Vous voulez des exemples ?

  • Avatar. Le film est tout à fait conscient des clichés qui y sont présents. James Cameron, lui-même, a déclaré qu’il s’agissait d’un « Danse avec les loups dans l’Espace ».
  • Twilight. La fille maladroite qui débarque dans une nouvelle école et qui est directement adorée par tout le monde. Elle tombe amoureuse du mec le plus sexy de l’école, qui tombe aussi amoureux d’elle. La fille est tellement amoureuse qu’elle est prête à tout pour son véritable amour (roulement d’yeux).
  • Et même dans les jeux vidéos ! Prenez Red Dead Redemption où tout ce qui se passe dans ce jeu est un véritable hommage aux Western-Spaghetti, tels que Le Bon, la Brute et le Truand ou encore Il était une fois dans l’Ouest.

Ces exemples ne vous ont pas suffit ? Pas de souci, le site TV Tropes vous en dresse toute une liste !


Fun part : l’histoire sans tropes

Le site TV Tropes a tenté de détailler la recette pour écrire une histoire entièrement dépourvue de tropes (dont vous trouverez la version originale ici).

Vous êtes prêts ? Alors, voici les règles à respecter pour écrire une histoire SANS tropes :

  1. Vous ne pouvez pas avoir de héro. Ni de vilain.
  2. Vous ne pouvez pas avoir d’Action Guy (pas de John Rambo, quoi) ni de Non-Action Guy (Neville Longdubat jusqu’à ce qu’il se développe dans Harry Potter et l’Ordre du Phénix).
    Ah ! et vous ne pouvez pas non plus avoir seulement des hommes ou seulement des femmes.
  3. Vous ne pouvez pas écrire sur ce que vous aimezNi sur ce que vous détestez.
  4. Peu importe que votre histoire soit populaire, vous ne pouvez pas l’adapter en film, série, jeu vidéo, de société, bande dessinée, comédie musicale, roman ou n’importe quoi d’autre. En fait, vous êtes dans le trope No Adaptations Allowed (ouais, y a aussi un trope pour les adaptations non autorisées)
  5. Vous n’irez pas trop loin dans vos descriptions… Mais vous ne pouvez pas non plus les limiter.
  6. Vous n’aurez aucune narration dans votre histoire. Ce qui signifie : pas de dialogue, pas de conflit, pas de personnages, et pas d’intrigue.
    Votre histoire devra être purement abstraite, voire vide.
  7. Vous devez éviter tous les tropes, mais vous ne pouvez pas non plus utiliser le trope Adverted Trope (en d’autres termes, vous ne pouvez pas ignorer le trope et faire comme s’il n’existait pas).

Ca y est, vous la sentez la migraine ? Non ? Vous voulez quand même vous obstiner à créer une histoire sans trope ? OK.

Admettons que vous arriviez à écrire une histoire sans trope. Que se passera-t-il si d’autres personnes aiment vos idées au point de les intégrer à leurs histoires ? Eh bien, dans ce cas, votre histoire sera à l’origine de tout un ensemble de nouveaux tropes.

Félicitations ! Vous aurez réussi à créer des tropes.


En conclusion

Pour le cas où vous ne l’auriez toujours pas compris, il est impossible d’écrire quelque chose qui soit complètement et totalement dépourvu de tropes. Alors, ARRÊTEZ D’ESSAYER !

Voilà.

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