Chroniques littéraires, Livres

Le Cloître des Vanités – Manon Segur

« Il y avait une raison pour laquelle les démons se montraient si efficaces parmi les hommes, et les hommes si proches de penser comme des démons. Ils se ressemblaient dans leurs désirs et leur méchanceté. »

Il y avait un livre qui me faisait de l’œil depuis un moment déjà. Je ne sais pas pourquoi, mais le titre, la couverture et le résumé m’ont vraiment intriguée, si bien que j’ai fini par craquer. Après tout, regardez cette couverture :

[Source : Kobo]

Du coup, vous l’aurez compris, j’ai lu Le Cloître des Vanités de Manon Segur, paru aux Editions Crin de Chimère, une maison d’édition spécialisée dans les œuvres de SFFF (science-fiction, fantasy, fantastique) teintes de noirceur.

L’autrice

Pour rendre cette chronique originale, j’ai demandé à Manon Segur de se présenter elle-même (petite nouveauté sur le blog que vous verrez de temps en temps) :

« Bonjour, je suis Manon Segur, l’autrice du roman « Le cloître des vanités. » J’ai 22 ans et je vis dans la région Toulousaine. On m’a demandé de préparer une petite présentation donc allons-y : j’aime beaucoup l’ésotérisme, le cinéma, la musique classique et l’architecture. Autant de passions que j’ai essayé de concentrer dans mon roman. Je voulais écrire un conte à la sauce romantique, reprenant le moyen-âge dans une version un peu idéalisée, plus grandiose et dramatique que la réalité. Mais je voulais aussi parler du catharisme, un mouvement religieux que j’admire profondément et dont je me sens proche. Ces envies, combinées à mon obsession pour les édifices gothiques m’ont poussée à chercher une intrigue hivernale, sombre, mettant en valeur l’Occitanie du treizième siècle.

C’est lors d’une sieste avec ma meilleure amie dans le cloître des Jacobins de Toulouse que j’ai eu l’idée d’un démon cruel et majestueux attirant ses victimes jusque dans un puits enchanté. Je crois que je n’ai jamais écrit aussi vite de ma vie ! Il faut dire que cette histoire mélange tout ce qui me tient à cœur et je voulais lui injecter une esthétique assez forte, poignante. J’espère avoir réussi. Je suis en tout cas très fière de présenter le roman aux lecteurs, d’autant plus que c’est mon premier texte publié !

J’écris depuis mes 8 ans environ, et ayant commencé très ( peut-être trop ) tôt, j’ai forcément un bon tas de casseroles littéraires derrière moi ( notamment « Le vol de la cigogne », ma première tentative de roman qui racontait les aventures d’un loup-garou écossais combattant une secte tueuse d’orphelins dans le triangle des Bermudes.) C’est amusant, parce que je pense que mon écriture actuelle recycle pas mal d’idées que j’avais déjà jeune, en les remaniant, en les remodelant. Comme quoi, c’est vrai : tout se transforme ! Pour Le cloître des vanités comme pour mes prochains livres j’essaie d’axer mes récits sur des thèmes qui me tiennent à cœur : la spiritualité, le féminisme et l’amour sous toutes ses formes.

Je suis une sentimentale, finalement ! »

Résumé

1231, Occitanie…

Cela fait plus de mille ans que le cloître des vanités attire des âmes gangrenées par le désir et le désespoir. Sernin le bâtisseur, démon à la fois cruel et raffiné, règne en maître dans cette cour ensorcelée. Il a façonné Albeyrac, la fière cité Languedocienne entourant son piège et goûte à présent une retraite bien méritée mêlée de torture, de meurtres et de dégustation de souvenirs volés…Hélas, l’arrivée d’un groupe de prêcheurs Albigeois va tout changer à proximité de son garde-manger. Les Parfaits et Parfaites de la secte cathare risquent de lui saccager son arme favorite par leur foi. Les pouvoirs du démon s’affaiblissent à leur approche, l’empêchant de se débarrasser d’eux par voie directe. Pour ne rien arranger, une des croyantes commence à attirer son attention d’une manière encore inédite, étrangement douloureuse…

Mon avis

Il est des livres comme ça qui vous obsèdent au point que vous y pensez sans cesse, dévoré par l’envie d’avancer dans l’histoire pour en connaître le dénouement. Et quand vous lisez lentement, l’attente est d’autant plus douloureuse.

Eh bien, c’est exactement ce que j’ai ressenti en lisant Le Cloître des Vanités. Et pourtant, l’atmosphère sombre du roman et les églises, et autres monuments religieux, ne sont pas du tout mon style !

Dès les premières pages, j’ai été emportée par l’histoire, envoûtée par Sernin Le Bâtisseur, à tel point que je soupçonne l’autrice d’avoir réellement introduit un démon dans son roman ! Serait-ce de la magie, Manon ?

Ce qui est génial dans ce roman, c’est que l’on peut ressentir toute la fascination de l’autrice pour les édifices religieux ainsi que sa passion pour le sujet à travers les descriptions détaillées qu’elle en fait, notamment avec la Cathédrale Saint-Joseph (d’ailleurs, j’ai pas compris tous les termes employés).

Sernin, un démon dont les caractéristiques sont, entre autre, l’orgueil et la vanité, a façonné Albeyrac et s’est créé un quartier au cœur de la ville dans lequel il a caché son cloître, destiné à attirer ses victimes.

Sernin est un démon vaniteux, qui aime les belles choses. Il mène une vie paisible à Albeyrac, sans jamais manquer de nourriture (ses victimes, quoi), jusqu’à ce qu’un groupe d’Albigeois vienne s’installer en ville. Et là… rien ne va plus pour Sernin. Sa tranquillité vient d’en prendre un sacré coup, notamment avec l’arrivée d’Agnès parmi les Albigeois, ainsi que celle d’Hermine, une victime.

J’ai beaucoup aimé la relation de Sernin avec Hermine. La jeune femme lui tient tête et ça le frustre mais en même temps, il y prend du plaisir. La manière dont l‘évolution du personnage de Sernin est racontée montre l’influence que sa prisonnière a eue sur le démon.

Et puis, il y a Agnès. Cette Parfaite pas si parfaite qui influera aussi sur Sernin. On est sur un conte qui aura su m’arracher des larmes. Je ne m’attendais à rien du tout de ce qui s’était passé dans ce roman et ce fut une agréable surprise.

Autre chose que j’ai beaucoup appréciée, c’est le fait que l’autrice ne s’est pas juste contenté de présenter les victimes en quelques mots. On en apprend plus sur leur passé douloureux, les raisons qui les ont poussées à pénétrer dans le cloître.

Ce roman, je l’ai dévoré. Je l’ai adoré. C’est même très probablement un coup de cœur pour 2021, tellement tout est précis, jusqu’au choix des mots, jusqu’au choix des scènes.

Enfin, parce que oui, j’ai fait mon devoir, voici un peu d’histoire sur les Albigeois, aussi appelés Cathares: http://www.histoire-france.net/moyen/cathares

Bonus : si vous aimez écouter de la musique en lisant (ou en faisant autre chose), une playlist a été spécialement créée pour permettre une lecture plus immersive. Le lien, vous le trouverez directement dans le livre. C’est cool, non ?

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