Ma vie de blogueuse

La lecture et les langues étrangères

Dans un article précédent, je vous parlais de mon rapport à l’écriture à travers mon autobiographie de lectriceJe vous racontais comment était né cet engouement pour les livres ainsi que ces histoires qui ont bercé mon enfance, mon adolescence et qui font, aujourd’hui, partie de moi. Mais il y a un détail que je ne vous ai pas révélé dans cette autobiographie, c’est mon intérêt pour les récits en anglais

C’est marrant car j’avais récemment posé une question sur Twitter concernant l’apprentissage d’une deuxième langue à un enfant. En effet, avec l’arrivé de Biniou (notre petit bout, venu au monde il y a deux semaines – je vous rassure, l’article était programmé bien avant !), mon mari et moi avons commencé à réfléchir à son éducation et notamment à la ou les langues dans lesquelles nous nous adresserons à lui. J’ai reçu d’intéressants retours sur le sujet et cela m’avait encouragée à rédiger cet article. 

Ce sujet, la lecture de livres en anglais (ou dans toute autre langue étrangère), je souhaite le mettre en lien avec celui de Caroline Leblanc : Suis-je une personne différente selon la langue dans laquelle je m’exprime ? que vous pouvez retrouver sur son site et qui est très intéressant également.


[Source image : Unsplash – Jess Bailey]

Mes origines linguistiques

Pour comprendre l’origine de cette réflexion concernant la langue enseignée à Biniou, il est important que je vous détaille mes origines linguistiques. Accrochez-vous… 

Je suis née en Belgique, en Wallonie plus précisément, d’un papa wallon et d’une maman flamande. Du côté paternel, je n’ai toujours connu qu’une seule langue : le français (bon, y avait bien le wallon aussi mais je comprenais que des bribes). Du côté maternel, ça se corse car en plus du néerlandais et du français, il y avait aussi l’anglais. 

Je vous explique : mon grand-père maternel était hongrois et ma grand-mère maternelle était wallonne. Lorsqu’ils se sont mis ensemble, ils ont emménagé en Flandre. Il faut savoir que le hongrois, si vous le parlez pas, est une langue particulièrement complexe à apprendre — même moi, j’ai du mal à retenir tout. Alors quand mon grand-père s’est rendu compte qu’il n’arriverait pas à l’enseigner à ses enfants, il a laissé tomber et s’est contenté de leur parler en anglais. Ma grand-mère, elle, parlait français.

C’est ainsi que ma maman a été élevée dans trois langues : le français, l’anglais et bien sûr, le néerlandais (à l’école et entre frères et sœurs). A cela, s’est ajouté l’allemand. Oui, parce qu’il faut savoir que mon grand-père avait été acrobate dans un cirque en Hongrie et un ami à lui est venu s’installer en Flandre avec sa famille. Du coup, ma maman parlait allemand avec lui, sa femme et ses enfants. 

C’est bon, vous suivez ? Tant mieux, parce que maintenant, on va parler de MON rapport aux langues

Mon rapport aux langues

Depuis toute petite, je baigne dans les langues : français, néerlandais et anglais. Mais ne vous y méprenez pas, je n’ai pas appris le néerlandais dès ma naissance. Dès ma naissance, j’ai été élevée en français (raisons particulières qu’il est inutile d’aborder ici). Bref, il s’est avéré que même lorsque j’essayais de parler néerlandais, je revenais toujours au français — question d’habitude, sans doute. 

Mais du coup, comment ai-je baigné dans les autres langues ?

Facile. Tout d’abord, je dois vous dire que ma maman avait déjà été mariée une première fois avant de rencontrer mon papa, mariage duquel était née un fille, ma grande sœur, flamande elle aussi. Ce qui fait qu’à la maison, toutes deux parlaient néerlandais. A force de l’entendre, je le comprenais (et me mêlais souvent de leurs conversations^^) De plus, lorsqu’on allait dans la famille de ma maman, forcément, je devais parler néerlandais avec mes cousins et cousines ; mes oncles et tantes me parlaient, pour la plupart en français. Parfois, ils me parlaient néerlandais mais je captais que pouic. 

Pour l’anglais, vous vous en doutez, c’est avec mon grand-père que je devais m’exercer même si, en vérité, ça m’a pris des années avant de parvenir à tenir une conversation complète avec lui, sans devoir appeler à l’aide pour la traduction. Bref.

Et puis, il y avait la télévision. Je regardais des programmes pour enfants en néerlandais — c’est marrant d’ailleurs car il m’arrive de ne pas reconnaître le générique de certains dessins animés aujourd’hui parce que je les connais pas en français. J’écoutais aussi des groupes flamands dont K3, un groupe féminin aux chansons visant principalement les adolescentes. Allez, rien que pour le fun, je vous propose d’écouter ma chanson préférée : Teleromeo

Pour l’anglais aussi, j’ai grandi en regardant notamment les films de Laurel et Hardy, ainsi que certains Disney. C’est d’ailleurs le cas pour Mary Poppins. Me demandez pas de vous chanter les chansons en français, je les connais pas. Sans oublier que ma playlist a toujours été majoritairement composée de chansons anglophones.

Bref, vous l’aurez compris, les langues font partie de ma vie depuis toujours, à tel point que j’ai continué à les apprendre à l’école, à commencer par l’allemand. Ma prof de secondaire était complètement cinglée mais je peux vous assurer que je maîtrisais la langue presqu’à la perfection, bien des années plus tard. 

J’ai aussi enchaîné avec l’espagnol. Mais là, mon niveau est loin d’être parfait. Je peux le lire et l’écrire. Le parler, c’est déjà plus compliqué. Et puis, j’ai eu envie d’apprendre la langue des signes francophone belge. Un challenge que j’ai adoré relever. Enfin, il y a, bien évidemment, le hongrois dont j’ai commencé l’apprentissage par moi-même (merci Duolingo) il y a quelques années seulement.


Quel rapport avec la lecture ?

J’imagine que vous vous demandez où je veux en venir… Moi aussi, à vrai dire. 

Je vous l’expliquais dans mon autobiographe de lectrice, mon engouement pour la lecture avait pas mal diminué durant mon adolescence, la plupart des livres imposés ne m’intéressant pas plus que ça. On avait aussi des lectures en anglais et étrangement, celles-ci me plaisaient beaucoup plus qu’en français

Ainsi, j’ai adoré lire A Christmas Carol de Charles Dickens ou encore The body de Stephen King (Stand by me pour le film). Ces romans simples m’ont encouragée à m’intéresser à d’autres textes en anglais

Figurez-vous que les premières histoires que j’ai lues par moi-même en anglais n’étaient autres que des Fanfictions sur Harry Potter. Hé oui, vous avez bien lu. Les premières lectures qui m’ont passionnée en anglais étaient des fanfictions (car oui, une fanfiction, c’est de la littérature).

Forcément, je me suis laissée tentée par relire la saga Harry Potter en anglais. D’ailleurs, j’avais pas attendu que le dernier tome, Les Reliques de la Mort, sorte en français pour l’acheter et le dévorer en un temps record. 

[Source : Odyssey]

J’ai, dès lors, continué à lire en anglais et en français


Quels sont les bienfaits de la lecture dans une langue étrangère ? 

Pour moi, lire dans une langue étrangère est déjà un excellent moyen d’apprendre ladite langue. En lisant en anglais, j’ai enrichi mon vocabulaire et amélioré ma grammaire. 

Lire une œuvre dans sa version originale (et donc, non traduite en français) m’a permis aussi de découvrir une autre culture, un autre style. Car oui, la littérature étrangère est différente de la littérature française. Le style d’écriture aussi. La preuve, j’ai tendance à me calquer sur le style anglais lorsque j’écris mes propres textes, notamment pour l’insertion des dialogues. 

Un exercice que j’aime également réaliser consiste à relire un roman en français après l’avoir lu en anglais (ou inversement). Cela me permet de comparer les deux textes ainsi que le point de vue du traducteur. 

J’ai aussi constaté que j’avais plus facile de lire en anglais qu’en français. Je lis plus rapidement. Je pense aussi beaucoup plus en anglais. Ca, ça peut poser problème quelques fois, notamment quand j’écris et que je me dois utiliser un traducteur anglais-français pour retrouver un mot.

Evidemment, ce texte ne constitue que mon avis, basé sur mon expérience personnelle. Ainsi, ce n’est pas parce que je préfère lire dans une langue étrangère (même si je lis aussi beaucoup en français) que ce doit être le cas pour tout le monde.

En plus, de base, je suis bilingue français-néerlandais et je déteste lire en néerlandais…

Et vous ? Lisez-vous dans une ou plusieurs langue étrangère ? 

1 réflexion au sujet de “La lecture et les langues étrangères”

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s