Chroniques littéraires, Livres

Des fleurs pour Algernon – D. Keyes

« Le langage est parfois un obstacle au lieu d’un moyen de communication »

J’avais lu le roman de Daniel Keyes, Des fleurs pour Algernon, il y a plusieurs mois mais je n’en ai jamais publié mon avis. Pourtant, ce roman de science-fiction, qui a été publié pour la première fois en 1966, mérite amplement que l’on s’attarde dessus.

[Credit : Amazon]

Résumé

Algernon est une souris de laboratoire dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l’intelligence. Enhardis par cette réussite, les savants tentent, avec l’assistance de la psychologue Alice Kinnian, d’appliquer leur découverte à Charlie Gordon, un simple d’esprit.
C’est bientôt l’extraordinaire éveil à la conscience pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclu, et l’amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser.
Mais un jour, les facultés supérieures d’Algernon commencent à décliner…


Mon avis

Avant d’être un roman, Des fleurs pour Algeron, était une nouvelle, dont vous pouvez retrouver le texte originale dans l’édition augmentée.

L’histoire est racontée par Charlie Gordon, sous forme de comptes-rendus, un homme de 32 ans, retardé mentalement et qui va se voir offrir la chance de devenir intelligent. Ainsi, l’homme qui travaille dans une boulangerie et suit des cours de lecture/écriture à l’Université Beekman (un centre pour adultes retardés), est approché par deux scientifiques qui vont lui proposer une opération du cerveau : le Dr. Strauss et le Pr. Nemur. 

Encouragé par le Dr. Strauss, Charlie décrit, dans son journal intime, sa vie quotidienne, son suivi avec les deux scientifiques, sa relation avec Miss Kinnian et sa rencontre avec Algernon. 

Algernon, c’est la souris de laboratoire qui a subi la même opération que Charlie. Ce qui est adorable, c’est d’ailleurs de voir cette petite jalousie que ressent Charlie envers la souris qui réussit certains exercices alors que lui pas, le poussant à redoubler d’effort pour y parvenir. Cela prête à sourire.

Ce roman est vraiment émouvant. Le personnage de Charlie est extrêmement touchant. Dès le début, j’ai ressenti de l’attachement pour cet homme qui veut simplement être comme tout le monde, au final. Alors, lorsqu’on lui en donne l’occasion, il est évident qu’il va la saisir.

Ce qui nous marque, évidemment, à la lecture du roman, c’est la qualité du texte. Voici le premier compte-rendu que l’on peut lire :

Conte randu n°1

3 mars. Le Dr Strauss dit que je devrez écrire tout ce que je panse et que je me rapèle et tout ce qui marive à partir de mintenan. Je sait pas pourquoi mais il dit que ces un portan pour qu’ils voie si ils peuve mutilisé. J’espaire qu’ils mutiliserons pas que Miss Kinnian dit qu’ils peuve peut être me rendre un télijan. Je m’apèle Charlie Gordon et je travail à la boulangerie Donner. Mr Donner me donne 11 dolar par semène et du pain ou des gâteau si j’en veut. J’ai 32 ans et mon aniversère est le mois prochin. J’ai dit au Dr Strauss et au proféseur Nemur que je sait pas bien écrire come je parle et come j’écrit les composisions dans la clase de Miss Kinnian au cour d’adultes atardé du Colege Bikman où je vait 3 fois par semène a mes heures de liberté. Le Dr Strauss dit d’écrire bocou tou ce que je panse et tou ce qui m’arive mes je peux pas pansé plus parsque j’ait plus rien a écrire et je vais marété pour ojourdui. 

C’est sûr, quand vous lisez ça pour la première fois, sans savoir exactement ce qui vous attend, c’est perturbant, ça pique les yeux. J’ai d’ailleurs mis du temps à tout retranscrire. Et pourtant, il y a une raison à ce que la grammaire et l’orthographe soient aussi chaotiques

C’est marrant d’ailleurs car on a souvent tendance, moi la première, à repérer les fautes d’orthographes chez lez autres (je parle pas des coquilles), sans vraiment s’interroger sur leur origine. Mais ce récit nous enseigne qu’au final, avoir une mauvaise orthographe ne doit pas être sujet à moqueries, surtout si on ne connaît pas l’histoire de la personne.

Ainsi, Charlie écrit régulièrement dans son journal intime et ce qui est incroyable, c’est qu’au fur et à mesure de la lecture, on voit les bienfaits de l’opération de Charlie sur son écriture qui s’améliore, jusqu’à devenir parfaite. 

Charlie nous raconte ses exploits et ses fiertés. On remarque qu’il devient plus intelligent et qu’il réussit les tests. Mais Charlie n’arrive toujours pas à s’adapter socialement et ce, malgré sa relation amoureuse avec Miss Kinnian. On comprend alors que l’opération lui a permis de développer des facultés intellectuelles mais pas sociales.

Et c’est là que l’on voit tout le génie de l’auteur. Les mots sont choisis avec justesse, malgré leur simplicité. J’ai vraiment ressenti des émotions fortes en lisant les comptes-rendus de Charlie, comme si j’étais lui. Le pire, c’est la fin poignante (allez lire, je vous dirai rien !)

Ce livre, je vous le conseille sans hésiter !

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