Ma vie d'autrice-blogueuse, Textes

Un second souffle – Partie III

[TW : bébé]

J’ai pas les mots. Je serre mon petit garçon dans mes bras pour la première fois et je n’ai pas de mots. Je n’arrive pas à exprimer comment je me sens. Il est là, couché sur moi, endormi, et j’ai envie de le garder tout contre moi pour l’éternité. Je suis crevée (parce que oui, une césarienne, c’est épuisant aussi) et j’ai du mal à garder les yeux ouverts.

Depuis sa naissance, j’aime passer mon temps à l’observer quand il dort. C’est tellement apaisant et c’est aussi une vraie jouissance de le voir enfin dormir. Je dis “enfin” parce qu’en réalité, un bébé, ça dort pas H24.

Premières nuits. Seule.

A l’hôpital, on veille à ce que les mères restent seules dans leur chambre. Bien qu’il s’agisse d’une chambre commune, j’ai la chance de ne pas avoir à la partager. Ça me rassure mais en même temps, c’est difficile. Mon mari ne peut pas rester (la chambre doit rester disponible, au cas où). Il part dans la soirée et je me retrouve seule avec mon bébé.

Je te parle pas des quatre nuits passées seule à l’hôpital, les sages-femmes ne venant me voir que lorsque je les appelais. Et je les ai appelées souvent. Sauf que c’était toujours la même sage-femme qui venait. Je crois d’ailleurs qu’à un moment, elle en avait marre. Mais moi, j’étais là avec mon bébé dans les bras, hurlant pour tout le couloir alors qu’il avait été nourri, changé et câliné !

Je tiens quand même à souligner que cette sage-femme a été adorable avec moi. Elle est même restée une heure en pleine nuit avec moi à discuter. Cette conversation aura eu le mérite de calmer bébé.

Retour à la maison. Adaptations.

Maintenant que bébé est là, on doit s’adapter à son rythme (qui n’a plus rien à voir avec ce qu’on vivait avant). Les nuits (très) courtes, les biberons, les couches, les coliques et autres crises de larmes deviennent notre quotidien.

Comme mon mari reprend ses cours, je passe quelques journées seules à la maison avec bébé. Les premiers jours, voire les premières semaines, bébé pleure (et hurle) souvent et ce, à n’importe quel moment de la journée. Quand bébé pleure, forcément, je pleure avec. Au début, seul mon mari parvient à le calmer. J’en ressens une énorme frustration et je prends tout ça très mal. J’ai l’impression de ne pas être à la hauteur et ne pas m’en sortir.

La fatigue. Y a des moments comme ça où j’ai juste envie d’aller m’enfermer dans les toilettes et y rester. Elle commence à jouer sur notre humeur et notre moral, qui n’est déjà pas au beau fixe. Dans mon cas, mes premières semaines sont animées par la fameuse “chute émotionnelle” et j’oscille entre larmes et pleurs à répétition, et pour un rien.

Commencent alors les disputes. La moindre remarque et c’est parti. J’en viens même à me demander si on se supporte encore, mon mari et moi (t’inquiète, à l’heure où je t’écris ces lignes, ça va mieux). Et viens pas me dire qu’on doit pas se disputer, bla bla bla. Quand tu passes de deux à trois du jour au lendemain, avec un mini toi qui a pour seul moyen de communication les pleurs et hurlements, tout te tape sur le système.

Evidemment, pour bébé, on fait confiance aux spécialistes (et à Google, qui regorge de spécialistes dans toutes les branches). Blague à part, j’ai du mal à faire la différence entre ce qui est bon pour mon fils et ce qui ne lui est pas adapté. Si l’on m’a dit qu’un biberon, c’était toutes les quatre heures, compte sur moi pour les attendre, ces quatre heures ! Evidemment, je finis par me faire confiance et faire confiance à mon mari. Plus rien à faire des quatre heures. Si bébé a faim, il mange. Point.

J’ai aussi beaucoup de mal à différencier les pleurs de mon bébé. Alors je me frustre encore plus car je ne sais pas s’il pleure de fatigue, de faim ou parce qu’il a des coliques.

Les remises en question

Se remettre en question régulièrement, ça a le don de détruire le peu de confiance que j’avais en moi. Le mode “Je suis une mauvaise mère” est enclenché depuis la naissance de bébé et à chaque remarque, je le prends mal.

Les réflexions des gens. Bon, soyons honnêtes, je m’y attendais. Mais certaines font mal, elles me pourrissent encore plus. La meilleure que j’ai eue ? “Tu l’as voulu, tu l’assumes !”

En réalité, j’essaie de pas y prêter attention. Enfin, c’est surtout parce que j’aime pas les conflits et que j’ai peur d’être trop trash dans mes réponses. Après tout, y en aura toujours pour te dire des trucs du genre : “Le prends pas trop souvent dans les bras, tu vas en faire un capricieux” “Laisse-le pleurer, il va devenir capriceux sinon.” “Tu dois faire comme ci, tu dois faire comme ça.” “Il faut ci, il faut ça.” “Il doit dormir comme ci, il doit dormir dans son lit, dans une gigoteuse.” Et bla. Bla. Bla.

Soit.

Après, je sais que certain.e.s veulent bien faire, qu’iels ne pensent pas à mal. Mais il y a parfois la manière de dire les choses et puis, cela dépend aussi de qui ça vient. Et puis, finalement, non. C’est notre enfant, laisse-nous gérer comme on l’entend.

Ça te semblera peut-être idiot mais, à part mon mari, personne (du moins, dans mon entourage – très – proche) ne me dit que je m’occupe bien de mon fils. Je pense que, parfois, j’aimerais que l’on me dise que je m’en sors bien, au lieu de constamment me dire comment je dois me comporter avec mon bébé ou même encore me faire remarquer telle ou telle chose.

D’ailleurs, si toi non plus, on te l’a pas encore (voire jamais) dit : sache que tu t’en sors merveilleusement bien. Tu fais de ton mieux et tu peux être fier·ère de toi !

Autre remise en question : attendons-nous trop de certain.e.s ?

Depuis la naissance de notre fils, beaucoup de personnes ont changé, se sont éloignées Certain.e.s, très présents pendant la grossesse, ont disparu une fois que bébé est arrivé ; Certain.e.s ne s’intéressent même pas au petit quand iels le voient alors que… iels pourraient sachant le rôle/la confiance que nous leur avons accordé.e.

S’iels s’intéressent à lui, c’est quand iels y pensent ou pour nous faire des réflexions. J’ai constamment l’impression d’être jugée sur tout ce que je fais, ce que je dis, l’apparence de mon fils, sa tenue, sa santé. Pareil pour mon mari. T’as déjà été saoulé.e par quelqu’un au point de n’avoir plus envie de la·le voir ? Allez, je retourne dans ma grotte t’écrire la suite.

Le pédiatre et les premières sorties en famille

Les visites chez le pédiatre sont toujours une petite source d’angoisse, au début. Je me demande ce qu’il va trouver, si bébé n’est pas en sous ou en surpoids, s’il va bien. Au final, il évolue très bien. Très tôt éveillé, le pédiatre est même surpris qu’à quatre mois, il se retourne déjà (#MamanFière).

C’est à se demander d’ailleurs comment d’autres trouvent encore à redire alors que le pédiatre nous dit qu’on s’en sort bien.

Evidemment, en attendant le pédiatre, je stresse. J’appréhende le moment où bébé va se mettre à s’agiter, pleurer ou pire, hurler. J’appréhende ce moment et j’ai surtout peur de ne pas arriver à le calmer. Cependant, mon fils se montre exemplaire à chaque visite médicale. Il dort, bercé dans sa poussette. A présent qu’il a quelques mois, il joue et s’occupe, insouciant.

On commence alors à emmener notre fils avec nous lorsqu’on va faire les courses et, petit à petit, les balades deviennent plus longues. Tiens, d’ailleurs en parlant de balade, il m’est aussi arrivé quelques fois de partir en promenade un après-midi avec bébé. Je dois t’avouer que ce fut ma solution ultime lors de ses moments d’agitations où il pleurait sans cesse et où moi, épuisée et à bout, je ne parvenais pas à le canaliser.

Bref.

Dans la voiture, bébé dort la plupart du temps. Clairement, cet enfant, tu pourrais jouer à Call of Duty juste à côté de lui pendant qu’il dort, il t’entendrait pas.

Ca va trop viiiite !

Bébé change et évolue chaque jour. Je ne saurais te dire en combien de temps nous sommes passés d’un petit être tout fragile qui pleurait tout le temps et dormait peu (oui parce que la phrase “Oh t’inquiète, un bébé ça dort tout le temps, les premiers mois !”, c’était une belle arnaque), à un bébé qui sourit et éclate de rire.

A l’heure où je t’écris ces lignes, bébé a quatre mois. Cela fait une semaine que nous avons commencé les purées et il adore ça. En même temps, les carottes, c’est tellement bon. Aura-t-il la même réaction avec des brocolis ?

Ses fous rires sont si fréquents qu’ils effacent ses pleurs que je commence doucement à identifier (bon, c’est pas toujours ça, surtout quand il a faim mais je progresse). Le voir sourire dès le matin lorsqu’on vient le chercher a le don d’illuminer ma journée.

On le met sur son ventre. Il y a quelques semaines encore, il pleurait tellement il détestait ça. Aujourd’hui, il lève ses fesses et tire sur ses petits bras. Il joue avec sa boule en plastique, sert un doudou dans ses bras, mordille sa petite abeille et couvre son visage avec sa couverture. Lorsqu’on le pose sur son tapis d’éveil, il agrippe ses jouets et tout ce qu’il peut mettre en bouche y passe, nos doigts y compris.

Il reconnaît son biberon et le tient quelques secondes de ses minuscules doigts tandis qu’il boit. C’est fascinant de le voir jouer avec son reflet dans le miroir.

La communication avec bébé : le langage signé

Mon mari, un jour, m’envoie un article qui directement éveille ma curiosité car il concerne la langue des signes pratiquée avec les bébés. Rien à voir avec les bébés sourds. Non. Le principe du langage signé avec bébé est d’apprendre à communiquer avec lui.

D’emblée, on en discute et je lui parle de mon souhait de l’apprendre à notre fils. Je t’explique pourquoi : le langage signé, appris dès six mois, permet à l’enfant, dès neuf mois, de communiquer avec ses parents (et les autres adultes qui le comprennent), en utilisant des signes simples.

Il pourrait ainsi clairement exprimer sa faim, la douleur, la fatigue, et j’en passe. Tu veux en savoir plus ? Va donc jeter un œil sur le compte Youtube de Littlebunbao ou encore le site du Réseau bébé signe Belgique.

De plus, il paraît qu’un enfant qui signe peut parler plus tôt. Enfin, ça a un côté assez ludique que j’aime beaucoup. Il existe d’ailleurs aussi des comptines et des histoires signées. J’ai hâte de lui apprendre, d’en faire un truc à nous trois.

Forcément, tu t’en doutes, j’ai déjà commencé à me renseigner sur le sujet. D’ailleurs, j’ai remarqué que de nombreux signes pour bébé sont similaires à la langue des signes francophone belge. Alors, je décide de garder certains signes appris en cours pour les lui apprendre (ex. le lait). Certain.e.s disent qu’on peut déjà commencer à quatre mois. Est-ce qu’on tenterait pas déjà ???

[SPOILER ALERT : j’ai déjà acheté des fiches pour commencer :]

Un mot pour mon mari

Mon mari, je lui dis pas assez souvent (voire quasi jamais) mais c’est un père formidable.

Depuis le début, je peux compter sur lui, que ce soit pendant la grossesse (je t’en parlais dans la partie II) ou depuis la naissance de notre petit bonhomme. C’est pas facile tous les jours pour lui non plus. Il a ses cours, ses stages. Les heures de sommeil sont fortement réduites pour lui aussi. Mais il n’hésite pas à se lever la nuit pour les biberons, prendre le relais quand je suis fatiguée ou tout simplement être un père pour notre fils.

Certes, il me répondra que c’est normal pour lui d’agir comme ça mais il mérite, lui aussi, d’être dans ce récit. Sans lui, je ne sais pas comment j’aurais géré. Il est mon pilier. Jamais l’expression “être ma moitié” n’aura été aussi vraie. On se complète sur bien des choses et on diffère sur bien d’autres. Pourtant, sa présence dans ma vie (notre vie) est importante. Il m’apporte énormément et il est génial avec notre petit garçon.

Bien sûr, il a un humour bien à lui, si bien qu’un jour, il a fait croire, grâce à un filtre Snapchat, que bébé et lui s’étaient bagarrés, bébé finissant avec un cocard. Je sais pas si tu sais à quel point c’est choquant de voir des proches, famille et ami.e.s penser, ne serait-ce qu’un instant, qu’il ait pu le frapper. Mais soit.

Moi, il me fait rire. Il est toujours là pour moi, me soutient, me protège. Et je sais que je peux compter sur lui pour faire pareil avec notre petit garçon. En tout cas, je le vois jouer et faire rire bébé qui sourit chaque fois qu’il voit son papa. Un papa poule, prêt à défendre notre fils lorsque certain.e.s se permettent des remarques, notamment sur son physique.

Je le remercie ici aussi d’ailleurs pour son soutien dans la rédaction et la publication de ces textes. Car tu dois le savoir : Un second souffle n’aurait pas été publié sans qu’il ne l’ait relu.

Bébé Biniou

Tu as sans doute remarqué que jamais jusqu’à présent je ne t’ai dévoilé le prénom de mon fils. C’est pourtant l’information la plus importante ! Pour cette raison, je l’ai gardée pour la fin. Mais ce prénom mérite une petite explication avant révélation :

Nous avions décidé, au départ, que je choisirais le prénom s’il s’agissait d’un garçon et mon mari, s’il s’agissait d’une fille. Nous nous étions mis d’accord sur deux prénoms (un masculin, un féminin) mais les choses ont fait que nous avons préféré changer. Mon mari me propose alors de gérer entièrement la liste de naissance et lui choisira le prénom de notre fils. Sans trop réfléchir, j’accepte. Il me donne le prénom qu’il souhaite pour notre enfant : mini Hulk.

VETO. Hors de question.

Il m’en propose alors un autre. Je le déteste. J’ai beau le prononcer dans tous les sens, je n’aime vraiment pas. Evidemment, je le lui dis mais il persiste. Je décide alors de rechercher la signification sur Internet et je découvre que ce prénom est un suffixe à des prénoms d’origine irlandaise et qu’il signifierait “THE ONE”. Imagine : notre premier enfant, un garçon, seul petit-fils de mon côté, et un prénom qui a une symbolique à nos yeux.

Je finis par m’habituer à dire son prénom alors qu’il n’est pas encore né, je commande même son premier petit bonnet pour la maternité. On tient jusqu’au bout (merci Biniou) et lorsqu’on l’annonce pour la première fois, la plupart des gens nous disent ne l’avoir jamais entendu, sauf dans une fiction. Tu connais The Walking Dead ?

Allez, fin du suspense. Le temps de la révélation a sonné : mon fils s’appelle NEGAN.

Partie II FIN.

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